Analyse des ancres dans le maillage interne

Analyse des ancres dans le maillage interne

Lorsque l’on parle d’optimisation onsite, il sera toujours question de technique, de structure, de sémantique et de maillage interne.

Dans le maillage interne d’un site, on remarque souvent que les ancres ne sont pas correctement travaillées. Et lorsqu’elles le sont, on peut noter que si le lien est soigné, mis dans le contenu avec une belle sémantique, elles ne feront souvent pas le poids face aux liens de template, de CMS ou simplement ajoutés par le dév’ pour améliorer l’expérience utilisateur.

Et c’est très souvent là que le bât blesse sur un site : Contact, CGU, mentions légales, « en savoir plus» ou encore « lire la suite »… Des ancres parfois présentes sur toutes les pages, pointant vers un grand nombre de pages et qui viennent obscurcir le message transmis au bot.

En effet, au même titre que le profil de lien externe, un site aura donc un message à transmettre au bot via les ancres de son maillage interne.

L’objectif ici sera d’analyser les ancres de lien interne. D’ailleurs, rien qu’en parcourant un site, il ne faut pas longtemps pour s’en rendre compte (lien en footer, dans le header…)

Parmi les plus visibles, on retrouvera principalement ce type de lien :

Liens en footer

ancre dans le footer

Ou encore des liens présent un peu partout dans le body :

 

Liens en home « Lire la suite » ou « en savoir plus »

ancre lire la suite

Cependant, parfois les ancres de lien répétées sont plus difficiles à trouver, il faut donc aller un peu plus loin dans l’analyse.

Analysons un site avec les seules données de screaming frog.

Crawl du site

En prenant un crawl complet du site, on ne va garder que les éléments suivants :

  • Pages Html non canonicalisées
  • Les inlinks uniquement dofollow

Ainsi, on ne garde que les liens importants.

On voit donc facilement en triant par nombre d’inlinks, les urls recevant le plus de liens internes.

ancres de liens internes

Nous avons déjà un aperçu des pages les plus liées sur le site. On voit immédiatement un problème quant à la pertinence des urls les plus maillées. En voyant « mentions-legales » on ne se pose pas de question, il s’agit d’un lien en footer vers les mentions légales, présent sur l’ensemble des pages de même template. Mais l’important n’est pas là, poursuivons.

Utilisation des inlinks

En exportant l’ensemble des inlinks  de screaming frog spider, nous aurons donc :

  • la page source,
  • la page de destination,
  • l’ancre du lien de la page.

En croisant les données via une rechercheV de l’url, on va récupérer l’ancre associée de la page de destination (donc pointant vers cette URL).

Une fois cette rechercheV effectuée, nous avons donc les urls, les inlinks et l’ancre associée :

url avec ancre de lien interne

Ainsi, nous savons que les mentions légales ont pour ancre « mentions légales » avec l’url « http://www.exemple.fr/mentions-legales ». On n’en apprend pas beaucoup plus sur cette ancre en particulier mais en cherchant davantage on voit qu’une même ancre est utilisée vers plusieurs pages :

Ici, un lien spécifique vers une Url propre pour l’ «envoi d’un mail » sur chacune des fiches produits :

ancre répété

Là, un lien spécifique vers une Url propre à chaque fiche produit pour une « version imprimable » de celle-ci :

ancre dans le maillage interne

Voilà les coupables, présents sur chacune des fiches produits, chaque lien ayant une Url propre.

lien dans les fiches produits

Encore ici une ancre « un projet ? Etre contacté » que l’on retrouve sur de nombreuses pages :

ancre formulaire de contact

Au-delà d’être répétées, toutes ces ancres ne sont pas contextualisées et n’ont pas de rapport avec l’activité. Pourtant, elles pèsent lourd dans le maillage interne du site.

Mise en évidence des ancres les plus utilisées

En créant un tableau croisé avec ces informations, on peut voir facilement les ancres les plus utilisées. Ainsi, pour l’ensemble des Urls, les ancres principales sur le site seront les suivantes :

ancres non optimisées

En vert, les ancres avec un semblant de « pertinence » vis-à-vis de la thématique du site. On constate ici que les ancres les plus utilisées sont totalement vides de sens (en rouge).

« Mentions légales », « tout », « contactez-nous »…

Ainsi, sur la totalité des ancres de lien du site, seul 12 % d’entre elles ont une sémantique correcte correspondant ou étant proche de la thématique.

Signal envoyé au bot faussé

À travers la mise en évidence de ces ancres, on voit l’importance de travailler ces liens internes pour accompagner le bot dans la compréhension d’un site web. Si le contenu de la page a de l’importance, le lien qui est fait vers cette page est tout aussi important. Il faut donc à la fois limiter les ancres vides de sens et soigner les ancres pointant vers des pages importantes pour éviter de fausser le signal envoyé au bot.

L’exemple avec ce site est loin d’être le pire qui existe. On retrouve ainsi souvent des ancres dites « pertinentes » parfois bien en dessous des 10 ou 15 premières ancres utilisées.

On notera également que dans l’exemple de ce site sur la thématique de l’aménagement intérieur, les ancres dites « pertinentes » peuvent largement être optimisées.

Comment travailler ses ancres de lien internes ?

Au-delà de l’utilisation du nofollow permettant d’indiquer au bot de ne pas suivre l’URL, il peut être pertinent d’éviter la reproduction systématique du footer sur l’ensemble des pages. La présence des mentions légales par exemple peut se faire uniquement en Home.

D’autres solutions sont à mettre en place au cas par cas, comme pour l’exemple ici, l’affichage en pop-up pour  « version imprimable » et « envoyer par mail ». Il sera possible aussi de passer certain contenu en POST pour éviter les URLs inutiles pour le bot.

L’offuscation peut être également une piste mais cela n’est pas l’objet de ce billet…

On le voit donc il est très simple d’établir un profil des ancres internes sur un site et d’en sortir des recommandations concrètes et rapides à mettre en place pour limiter les liens et orienter le bot vers des ancres sémantiquement optimisées.


14 réactions au sujet de « Analyse des ancres dans le maillage interne »

  1. Bonjour,
    Bravo pour l’article c’est un sujet largement sous estimé côté SEO.
    Par contre l’air du temps est à la paranoïa sur le côté naturel des ancres, en général on fait surtout attention à la sur optimisation des liens externes, quid des liens internes (99% des sites comportent des tonnes de liens mention légal, en savoir plus,…) est-ce supprimer ces liens parasites ne risque pas d’être considéré pour la sur-optimisation du maillage interne par notre ami Google.

    1. Bonjour Olivier,

      Merci pour ton retour sur l’article.

      Pour ta remarque, à mon sens, le fait de supprimer des ancres parasites n’entraîne pas de risque de sur-optimisation. En suivant cette logique, cela voudrait dire que Google met à part ces contenus de template ou ancres récurrentes sur de nombreux sites pour mieux comprendre le reste. Pour moi, il l’englobe comme faisant partie du site. D’ailleurs, on pouvait le voir (maintenant c’est terminé) dans Google search console dans l’option « mots clés de contenu » où bien souvent des éléments de template revenaient comme faisant partie de la sémantique du site. Ce qui laisse entendre que Google les interprète au même titre que le reste des contenus et ancres. Je dirais donc que si 99% des sites ont des tonnes de liens « mentions légales » ou « en savoir plus », il y a des opportunités à faire partie des 1% qui n’en ont pas. 🙂

      Sylvain.

  2. L’analyse du maillage interne, c’est important, certes.

    J’en fais personnellement quand le besoin se fait sentir, ma manière de procéder est « similaire » à la votre (crawl puis traitement des données sur Excel) mais j’importe ces données dans le logi Gephi pour visualiser carément le maillage et les ancres du site en question.

    1. Idem via Gephi.
      Attention juste à bien trier au départ les données car cela peut vite devenir le bazar.

      Et pour répondre à la question qui avait fait l’objet d’un sondage par l’agence eskimoz sur Twitter, je ne pense pas qu’on puisse parler de suroptimisation quand on parle des ancres liées au maillage interne.

    2. Bonjour Adrien,
      Merci pour ton commentaire et ton retour sur ta façon de faire. L’article porte principalement sur les ancres, j’ai donc utilisé des outils que tout le monde possède (en théorie).
      Effectivement, Gephi est top pour la visualisation du maillage pour les clusters et le jus notamment.

    3. Je viens de jeter un oeil sur Gephi, ça m’a l’air d’être un super tool, merci pour l’info ça fait un moment que je me dit qu’il faut que je dégote un outil de ce genre !

  3. Bonjour,
    Quid des liens on page avec des ancres
    Sur mes fiches détails j’ai 4 fois « contacter par mail » pour aller directement au formulaire
    Merci pour le feed back
    Patrick

    1. Bonjour Patrick,
      Toutes les ancres sont à analyser et à traiter selon moi. A défaut de toutes les modifier, il faut connaitre leur poids par rapport aux ancres correctes et agir en conséquence.

  4. Bonjour,
    Tu indique « En vert, les ancres avec un semblant de « pertinence » vis-à-vis de la thématique du site. On constate ici que les ancres les plus utilisées sont totalement vides de sens (en rouge).  »

    Comment est mesuré ce semblant de « pertinence » vis-à-vis de la thématique du site ?

    1. Bonjour,

      Merci pour ton commentaire.
      Je parle d’un semblant de pertinence car on pourrait optimiser bien mieux ces ancres. Elles sont toutefois l’avantage de ne pas être totalement hors sujet.
      Pour mesurer et optimiser les ancres, il faudrait une analyse sémantique sur ce site, mais ça c’est un autre sujet :).

  5. Quoi de plus important aujourd’hui que l’analyse des ancres dans le maillage interne… Cet technique de référencement fait partie de mes optimisations SEO… Gephi est mon ami également.

  6. Sympa la méthode. Après, sans aller jusqu’à l’offuscation pur et dur, on peut souvent jouer avec le JS pour optimiser les ancres qui pointent vers des mêmes pages. Comme sur les listing de produits d’un e-commerce par exemple

    1. Bonjour,

      Merci pour le retour, je pense qu’on peut clairement parler d’offuscation pure et dure pour les facettes d’un e-commerce.

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